La sagesse de passer par le cœur
Les enseignements des différentes traditions et courants spirituels s’adressent généralement à notre intellect et à notre raison. Bien qu’ils encouragent un changement d’attitude à la fois dans notre esprit, dans notre incarnation en relation avec le monde, le plus souvent, ils perdent leur élan dans notre mental. C’est pourquoi l’enseignement doit directement toucher notre cœur. Sur le plan spirituel et physique, le cœur est le point de jonction avec la Source de vie, qui, continuellement, nous anime dans notre corps et notre esprit.
Notre être est à la fois doté d’intelligence et de sentiment. Ces deux aspects devraient fonctionner en harmonie, mais ils s’opposent souvent. La raison craint l’illogisme de notre affectivité, tandis que notre sensibilité se protège de la logique rationnelle. Ce désaccord entre ces deux pôles contribue à notre fonctionnement binaire, qui nous empêche d’obtenir l’unité. Dans un monde de plus en plus rationaliste, cette adversité ne semble pas prête à s’estomper. Notre logique cherche une solution qu’elle ne peut trouver par la confrontation.
Par conséquent, c’est vers le cœur qu’il convient de nous tourner. Loin de tout sentimentalisme, le cœur spirituel représente le lien direct avec la Source de vie. Se relier au Vivant, ce n’est pas s’agiter ni rechercher des sensations extrêmes comme on pourrait le croire, mais découle de nous tenir en l’endroit où la Vie abonde. Trouver son cœur, c’est entrer dans cette émergence, dans le flux puissant d’immédiateté qui nous traverse.
Le passage de la tête au cœur nous libère des tergiversations du mental. La solution ne réside pas dans une pensée, une théorie ou une posture, mais dans un mouvement intérieur. L’expression “entrer en Soi” décrit ce passage, à condition de l’accomplir réellement. C’est comme un recentrage sans effort de concentration. Notre “moi” entre en “Soi” et regagne simplement son origine. Pour contrer notre tendance à la distraction et à la fuite de notre conscience, il est essentiel de demeurer en notre essence et d’y revenir autant qu’il le faut.
Si l’illusion croit pouvoir s’affranchir de la Source pour réaliser sa volonté, elle peut également décider d’y renoncer. L’émancipation que nous aspirons à atteindre n’est qu’un mirage. Que nous progressions vers la Source ou que nous nous en éloignions, nous demeurons son expression et sommes animés par elle.
Exister sans elle est inconcevable. Toutes nos actions, qu’elles soient en sa faveur ou en son encontre, témoignent de la vie et des capacités qu’elle nous accorde. Le personnage n’a pas d’existence intrinsèque. En nous fourvoyant, nous lui donnons une forme. Cependant, cette forme n’est qu’une apparence, un rôle que nous endossons, qui ne crée personne d’autre. Sans la vérité fondamentale, nous ne pourrions pas être faux. Le mensonge ne constitue pas un contraire direct. Il est simplement le refus de la vérité.
